Sur le terrain

LES ÉCRIVAINS CAVALIERS Sylvie Brunel “Là où il y a des chevaux…”

LES ÉCRIVAINS CAVALIERS  Sylvie Brunel “Là où il y a des chevaux…”
Sylvie Brunel avec Diane Ducret et Jean-Louis Gouraud lors du festival "Les chevaux du sud" en Camargue. Elle a coécrit un livre sur Crin Blanc © Fleur Téné

Son nom ne vous est certainement pas étranger puique cet écrivain-géographe est l'auteur de nombreux articles dans nos colonnes et d'ouvrages de qualité sur le monde du cheval.

 Entre ses conférences aux quatre coins de la planète, ses cours de géographie à la Sorbonne (où elle dirige un master professionnel consacré aux pays du Sud face au développement durable) elle est une voix qui compte dans le domaine du développement durable, des famines et de l’Afrique. S’il fallait citer tous les prix et distinctions qu’elle a reçus, cet article n’y suffirait pas. De chevalier de la Légion d’honneur jusqu’au récent Prix Édouard-Bonnefous de l’Académie des sciences morales et politiques pour l’ensemble de son oeuvre, qui lui a été remis en grande pompe à l’Institut de France en janvier dernier… voilà une partie de la vie de Sylvie Brunel.

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Parmi la trentaine d’ouvrages qu’elle a écrite, sur le développement durable, l’Afrique, la famine, [...], deux romans détonnent : on y parle que de chevaux ! Le premier, Cavalcades et dérobades lui a valu le Prix Pégase. Le second, Un escalier vers le paradis met en scène un voyage à cheval aux États-Unis. Un troisième livre, paru cet été, revient sur l’histoire de la Camargue à travers l’un de ses héros, Denys Colomb de Daunant, manadier-poète qui a transmis au monde l’amour du cheval ami à travers un film mythique Crin Blanc.

 UNE PORSCHE DANS UN CHEMIN

 Car la grande passion de Sylvie Brunel, ce sont bien sûr les chevaux. Ses parents refusaient qu’elle en possède un, pensant qu’elle ne travaillerait plus en classe. C’était mal juger sa soif intarissable de nouveaux savoirs… « Quand mon institutrice du CE2 nous a emmenés voir Crin Blanc, j’ai été bouleversée… Et n’ai eu de cesse de vouloir monter. Mes parents, professeurs de biologie très tournés vers la nature, considéraient l’équitation comme un truc de riches. J’ai fini par avoir gain de cause. Mais, à l’époque, l’enseignement de l’équitation était brutal. Il fallait soumettre et mécaniser les chevaux. »

 À 15 ans, lors d’une épreuve de CSO, Sylvie fait une grave chute et se brise le dos. Elle passe rapidement sur l’accident, précisant juste que c’est en remontant à cheval que la guérison a été facilitée… En réalité, Sylvie n’aime pas s’appesantir sur ses malheurs. « Mes parents me disaient toujours “Ça va passer” et je fais la même chose avec mes enfants. Quand on tombe, il suffit de serrer les dents et se remettre en selle. Adolescente, j’ai été palefrenière pendant trois mois. Ma passion était telle que je travaillais gratuitement et même les jours de congé. Cette expérience m’a beaucoup appris. Le bonheur c’est toi qui te le donnes dans ta relation avec les chevaux. »...Lire la suite...