Culture

Hommage Général Durand L’adieu

Hommage Général Durand L’adieu
Un des trois ouvrages écrit par le général Durand © DR

Le pavillon des Saudières, 21 août 2016, le général Pierre Durand a la gentillesse de nous recevoir chez lui. Il a bien voulu nous confier quelques souvenirs personnels et nous ouvrir les pages de ses albums photos. Voici l'entretien, inoubliable, qu’il nous a accordé avant sa disparition.

Le général Pierre Durand a tiré sa révérence ce 2 octobre, à l’âge de 85 ans. Écuyer en chef du Cadre noir (1975-1984) puis directeur de l’École nationale d’équitation (1984-1988), il fut un cavalier olympique titulaire de dizaines de victoires internationales en CCE et en CSO. Chaque rencontre avec cet officier d’une grande distinction, doté d’une culture équestre encyclopédique, toujours aimable et bienveillant, constituait un moment privilégié.

 Mon général, comment êtes-vous devenu cavalier ?

 J’ai toujours eu envie de monter à cheval. À l’époque, il n’y avait pas de clubs hippiques mais subsistaient des structures héritées de la préparation militaire dans la région d’Angoulême et plus spécialement du pays du cognac. Il y avait ainsi des gentilshommes qui montaient à cheval dont l’élégance confirmait mon goût qui s’était fait jour lorsque je passais des vacances dans la ferme de ma grand-mère maternelle où se trouvaient quatre ou cinq chevaux que j’enfourchais quand j’en avais l’autorisation. Ça se passait en Charente. C’étaient des chevaux de trait, de race bretonne.

 À peu près au même moment vous avez eu entre les mains quelques ouvrages, qui ont contribué à éveiller votre intérêt…

 Absolument. Il y avait quelques “rossignols” dont, en particulier, Épaule en dedans du commandant de Salins et le Manuel du gradé de cavalerie. Il y avait un bouquin que j’aimais beaucoup et qui m’a suivi pendant toute ma carrière : À cheval, de Jean Razac. Un type très conservateur, un bouquin qui est extrêmement pédagogique, dont j’ai recommandé la lecture à bien des gens.

 À Coëtquidan, vous pouviez aussi monter à cheval… Entrez-vous à Saint-Cyr avec l’idée de servir dans la cavalerie à l’issue de la scolarité ?

Ma vocation était essentiellement militaire. Si je n’avais pas pu avoir la basane, je n’en aurais pas fait un drame. En première année, on montait assez peu, mais en deuxième année, surtout après le choix des armes, on montait beaucoup. C’est là que j’ai finalement été “entrepris”. J’étais président du Club A [regroupant les élèves-officiers montant régulièrement à cheval] qui s’appelait L’Escadron, par allusion nostalgique à la structure d’avant-guerre. Jusqu’en 1939 en effet, L’Escadron regroupait à Saint-Cyr-l’École tous les cavaliers – une quarantaine de types qui étaient prédestinés, qui étaient normalement “bien de leur personne”, bien nés, avec des silhouettes comme on les aime.

 Vous effectuez votre application à Saumur et vous croisez à ce moment-là des figures marquantes de l’équitation que sont en particulier le colonel Margot et le commandant de Goulaine…

Il y en avait d’autres car il y avait douze écuyers et douze maîtres et sous-maîtres. Mais eux m’ont le plus marqués. Le commandant de Goulaine avait combattu à cheval en 1940 avec Blignières. Goulaine avait une silhouette inimitable, élégante. Il portait le monocle. Il était d’une grande gentillesse avec les officiers-élèves. Il était adoré de ses élèves. Quand le colonel Margot est mort, j’ai presque perdu un père pour la deuxième fois. C’est un homme dont le style à cheval était incomparable, qui avait pratiqué avec bonheur toutes les disciplines et qui était officier avant tout, fidèle à la doctrine du général L’Hotte...Lire la suite...