Culture

Histoire Spahis Cavaliers du désert

Histoire Spahis Cavaliers du désert
Des cavaliers de spahis algériens dans le désert de Libye en 1941-1942 © www.bridgemanimages.com

Au service de la France, les spahis se couvrirent de gloire sur tous les théâtres d'opérations dès la fin du XIXe siècle. Ces cavaliers de légende montaient généralement des barbes, réputés pour leur intelligence et leur rusticité.

Il y eut « les chasseurs, spahis, les goumiers » comme les chantent les paroles de la marche des Trompettes d’Aïda de Verdi. Il y eut aussi les tirailleurs, les méharistes, les zouaves et tant d’autres troupes de l’Armée d’Afrique, « sous l’ardent soleil, chevauchant sans répit [leurs] fiers coursiers ». À l’évocation des spahis, c’est l’aventureuse conquête de l’Algérie qui surgit à l’esprit et le souvenir, teinté de nostalgie, de l’empire colonial. Dans ce souvenir, les spahis conservent une place à part, sans doute parce qu’ils étaient des soldats montés.

Des burnous rouges

Leurs chevaux, des barbes pour l’essentiel, alliaient des qualités physiques et morales les classant parmi les plus résistants. Les tenues chatoyantes des cavaliers français ou indigènes, “à l’orientale”, les silhouettes enveloppées dans des burnous rouges flottants au vent, le sabre courbe placé sous le quartier gauche de la selle, ont marqué durablement les esprits. Les grands espaces dans lesquels ils évoluèrent, une certaine liberté de manoeuvre et le sens du panache de leurs officiers, firent rêver plusieurs générations. La littérature a contribué grandement à bâtir la légende des spahis. Il n’est que de citer l’un des livres les plus connus de Pierre Loti, le Roman d’un spahi, paru en 1881 et sans cesse réédité. La trame de l’histoire, qui se déroule à Saint-Louis-du-Sénégal, transporte le lecteur vers des horizons lointains en lui communiquant une sorte de fièvre romanesque.

 La renommée du capitaine de Bournazel, au sein des armées, puis les récits biographiques qui lui ont été consacrés, n’ont pas moins contribué à forger la légende des spahis. Après la mort au champ d’honneur d’Henri de Bournazel, au Maroc en 1933, Henry Bordeaux écrivit ainsi en 1935 Henri de Bournazel,l’Épopée marocaine.

 Selon une opinion communément partagée, l’origine du mot spahi est turque, à tout le moins indo-persane. Il signifie “cavalier”. Les spahis furent d’abord des cavaliers appartenant aux tribus sous domination ottomane qui renforçaient les mamelouks lorsque la nécessité s’en faisait sentir. En France, l’idée de créer une troupe indigène apparut dès les premiers temps de la conquête de l’Algérie pour amoindrir les fatigues imposées au corps expéditionnaire français par les rigueurs du climat. Ainsi, en 1830, le maréchal de Bourmon, gouverneur de l’Algérie, accepte le concours d’une cavalerie indigène improvisée. Appelée d’abord “chasseurs indigènes”, puis “mamelouks”, elle est rapidement organisée en deux escadrons commandés respectivement par des officiers emblématiques : Yusuf et Marey.

 Puis le général Clauzel, gouverneur de l’Algérie à son tour, prend à la solde de la France des hommes qui avaient jusqu’alors servi le dey d’Alger. Le premier contingent est composé notamment de ces spahis, cavaliers turcs ou mercenaires de l’empire ottoman qui, licenciés, rejoignent les rangs de l’armée française. Une loi du 9 mars 1831 consacre son existence.

 Dans l’histoire des spahis

 Giuseppe Vantini, dit Yusuf, ou Yousouf, est né sur l’île d’Elbe vers 1809. Enlevé par des pirates barbaresques à l’âge de 6 ans, vendu au bey de Tunis, il devient mamelouk à son service et se convertit à l’islam. Tombé en disgrâce, il s’évade sur un navire français aidé par le consul de France, M. de Lesseps (père de Ferdinand), et rejoint l’armée française comme interprète. Il poursuit une impressionnante carrière au service de la France. Premier chef de corps des spahis de Bône en 1836, il sera par la suite naturalisé français et, nommé général, commandera la province d’Alger avant de prendre la tête de la 10e division militaire de Montpellier puis de mourir à Cannes en 1866...Lire la suite...