Sur le terrain

Domaine de Grosbois Territoire des trotteurs

Domaine de Grosbois Territoire des trotteurs
Le domaine compte quatre-vingt écuries ou établissements de tailles variables © APRH

Gélinotte, Bellino II, Idéal du Gazeau... autant de champions qui ont été entraînés ici dans ce domaine unique au monde où le trotteur français est roi et l’histoire de France souveraine.

Lorsque nous sommes accueillis à Grosbois, ce 24 novembre, la saison de préparation aux meetings d’hiver bat son plein. Pas moins de 1 500 chevaux – attelés ou montés – foulent chaque jour les pistes du domaine. Situé à Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de- Marne, le domaine est un endroit unique en France, mais aussi en Europe et probablement au monde, où les trotteurs sont rois. 430 hectares de terrain, clos de mur, permettent aux entraîneurs de la filière de bénéficier de structures de grande qualité dédiées à l’entraînement. Quatre-vingts “établissements” sont en effet répartis sur le site. De taille variable, ce sont autant d’écuries et d’habitations louées à l’année par les entraîneurs qui s’y installent, en famille, avec leurs employés – premier garçon, drivers – , leurs chevaux et leur matériel.

En sulky de Joinville à Vincennes

Cette vocation du Domaine de Grosbois naît en 1962, date d’acquisition du château et de ses terres par la Société d’encouragement à l’élevage du cheval français, appelée communément Société du cheval français, et aujourd’hui Le Trot. Ce faisant, l’idée est de réorganiser l’entraînement des trotteurs en vue des courses sur l’hippodrome de Vincennes en créant, à une petite demi-heure de là, un site pratique, vaste et sécurisé. Jusqu’alors, la majorité des entraîneurs prenaient leurs quartiers d’hiver aux environs immédiats des hippodromes de Vincennes et du Tremblay (fermé en 1965), les rejoignant en sulky depuis Joinville et Champigny, en se mêlant à la circulation automobile.

 Les travaux à Grosbois, quoique colossaux, furent rondement menés puisque dès l’automne 1965, 50 bâtiments et plusieurs pistes permettaient de recevoir les premiers entraîneurs. Quant au château, un joyau bâti sous Henri IV et Louis XIII, témoin de l’Histoire, il bénéficia lui aussi d’une restauration exemplaire. Il abrite depuis 2010 le musée du Trot.

 Le musée célèbre et raconte le parcours du trotteur français, ce cheval puissant qui se caractérise par sa capacité à pouvoir aussi bien courir attelé que monté. Il a été créé au début du XIXesiècle, comme cheval de service, utile pour les transports notamment et surtout pour remonter l’armée. Le trotteur français actuel n’est stabilisé qu’au tout début du XXesiècle après de nombreux croisements effectués au siècle précédent, en particulier avec des Orlov, importés de Russie entre1860 et1900 et des Standardbred venus des États-Unis.

Toute la forêt de Grosbois accessible aux chevaux

La singularité de Grosbois, qui impressionne, c’est sa forêt, cette zone de verdure commune aux hippodromes et aux clubs hippiques et qu’ils sont souvent seuls à maintenir en ville. Les 220 hectares, bien malmenés par la tempête de 1999 puis par la tornade de 2000, forment comme un écrin de verdure au biotope varié. Comme nous l’explique Christophe Walazyc, régisseur du domaine de Grosbois : « certaines parcelles forestières ne sont jamais foulées par l’homme si bien que des battues de sanglier doivent être organisées tant les dégâts causés par ces animaux peuvent être importants ». Toute la forêt de Grosbois est accessible aux chevaux. Elle est percée de quarante kilomètres d’allées de promenade. L’allée circulaire mesure quant à elle cinq kilomètres. Les allées ont conservé leurs noms historiques : allées de Lesigny, allée Royale… Il est vrai qu’à Grosbois, le passé et le présent s’entremêlent, que l’histoire de France est comme inscrite dans la pierre du château...Lire la suite...